[MUNICIPALES] Par dessus le marché… à Noisy-le-Grand

Le 15 et 22 Mars 2020 auront lieu les élections municipales. Les candidats ont commencé depuis quelques semaines leur campagne électorale. Tractage, rencontre avec les noiséens, communiqué sur les réseaux sociaux… Tous les moyens sont bons pour se présenter en tant que candidat à la mairie. Le marché est notamment un lieu clef pour rencontrer la population, un lieu très fréquenté par les habitants de la ville.

Vincent Monnier, candidat entrant, discutant avec une habitante de Noisy-le-Grand, à la place du grand marché.

Mercredi 29 Janvier, 11h, place du marché à Noisy-le-Grand. Des fruits, des légumes, des matelas… Il y a le choix pour les noiséens, dans ce marché réputé du département. Il fait beau mais frais. Un vent froid fouette les visages. Ça n’empêche pas pour autant les différents partisans des différents partis politiques d’être présents. Les élections municipales arrivent à grand pas, il faut donc donner un maximum de visibilité aux différents candidats. Les membres de la liste d’Emmanuel Constant sont au taquet. Le candidat, du parti socialiste et professeur d’Economie à ses heures perdues, a un coup à jouer pour ces élections.

« Nous sommes les favoris. Nous nous sommes ralliés à tous les partis qui se rapprochent de nous, Europe Ecologie les Verts, PRG, CAP 21… », juge Géraldine Addaud, une colistière. Pourtant, ce n’est pas la première fois que le candidat se présente. Il avait échoué lors des trois dernières élections. Il a l’air d’avoir appris de ses erreurs en adoptant une nouvelle stratégie. S’allier avec les partis qui se rapprochent le plus de ses principes, ce qui multiplie ses chances d’arriver en pouvoir. « Freiner la construction immobilière, développer la biodiversité, instaurer la gratuité de l’étude surveillée dans les écoles élémentaire… ça, ce sont nos principaux points sur lesquels on veut s’appuyer pour être élu. » dit un de ses sympathisant.

Vincent Monnier, le candidat de la polémique…

Après avoir été en membre de la municipalité actuelle, il a décidé de quitter ses fonctions en Mars 2019 car « Il n’était plus en accord avec les principes de Mme.Marsigny. (la maire actuelle) », des mots écrits par ses soins dans un communiqué sur le réseau social, Facebook. Son image n’est pas à son avantage car son départ a été considéré comme une trahison de la part de la municipalité, qui l’a appris sur les réseaux sociaux, en même temps que tous les noiséens. « Ce n’est pas grave… Il a décidé de partir car il ne s’identifiait plus à la politique actuelle de la Mairie. » explique Karine Reverte, membre de la liste électorale de Vincent Monnier. Âgé seulement de 29 ans, son objectif, est clair … Prendre le trône de Noisy-le-Grand. « Notre objectif principal est d’apporter un environnement serein, propre et écologique. » s’exprime mme.Reverte. Elle poursuit en disant « Nous lutterons contre les dépôts et décharges sauvages, nous remettrons en place les conseils de quartier qui ont été supprimés en 2015, nous réaliserons des passages 100% vert pour apporter de la beauté parmi tous ces bâtiments… Et surtout nous stopperons totalement la construction des immeubles. » Vincent Monnier pourra compter sur Christopher Makanga, habitant d’un des quartiers difficiles de la ville, qui favorisera le dialogue avec ces habitants, aux situations difficiles et précaires. Ainsi, son but est de toucher toute la population noiséenne. Pour lui, toutes les personnes de cette ville sont importantes et personne n’est à négliger. Nous sommes dans la dernière ligne droite des élections municipales, tous les candidats se donnent corps et âme afin de sensibiliser un maximum de personnes de la ville de Noisy-le-Grand pour réussir à s’emparer de la mairie…

Bezzouaoui Mohamed

[GREVE] L’inquiétude gagne le secteur du tourisme hôtelier

Après un lourd précédent avec les « Gilets jaunes », le secteur de l’hôtellerie s’inquiète à Paris des répercussions de la mobilisation contre la réforme des retraites et des grèves reconductibles à une période cruciale de l’année. Les premières inquiétudes pointent vers le secteur du tourisme. Paris étant une capitale touristique, l’activité des restaurants et hôtels parisiens est perturbée depuis jeudi par la concomitance de grèves dures à la SNCF et à la RATP. 

Hôtel les bains

Les établissements voient leur chiffre d’affaire baisser et une difficulté des salariés pour rejoindre leurs établissements respectifs, dont beaucoup travaillent, en outre, en horaire décalés. Dans l’hôtellerie, la mise à disposition de chambres est une solution alternative comme c’est le cas à l’hôtel du Collectionneur, au Crowne Plaza République ou encore à l’hôtel Des Bains. « Pour moi c’est un avantage de pouvoir dormir sur place puisque je n’ai pas d’enfants ni de famille. C’est un gain de temps et une perte de stresse incroyable. On ne paie pas la chambre puisque c’est mis à disposition des employés dû à la baisse de demande de réservation. Mais pour ceux qui ont des familles et des enfants, c’est compliqué de s’organiser. », témoigne Marine Le Lay, qui est la responsable banquet de l’hôtel Crowne Plaza.

« Les clients envisagent de prévoir leurs conférences dans d’autres destinations » 

L’Union des métiers et industries de l’hôtellerie (Umih, principale organisation du secteur) et le Groupement national des indépendants ont déjà constaté sur la seule nuit du jeudi 5 décembre une chute des réservations de 30% à 40% en Ile de France et à Paris. Néanmoins, il reste difficile d’obtenir un pourcentage d’annulations et de taux d’occupation précis par hôtel dû au secteur concurrentiel auquel il fait face. Dans une grande structure tel que l’hôtel Du Collectionneur, « si la grève perdure il peut y avoir un risque de chômage partiel qui affecterait tous les services comme ça avait été le cas après les attentats en 2015 », confie Nicolas Ouvrard qui est Sales Manager au sein de ce même hôtel. À travers l’image d’un Paris bloqué, la France se voit concurrencer par d’autres destinations tels que Lisbonne, Vienne ou encore Berlin pour les voyages d’affaires. « Les visites d’inspection s’annulent et les clients envisagent de prévoir leurs conférences dans d’autres destinations », ajoute Nicolas Ouvrard. 

Des prédispositions rassurantes 

L’annonce suffisamment tôt des grèves a permis aux professionnels de s’y préparer et de prendre les dispositions adéquates afin de sécuriser leurs disponibilités pour les stocks ou le service de lingerie par exemple. Des dispositions ont également été prises pour les clients afin de les prévenir de la situation et de les accompagner au mieux. Benjamin Legmann, réceptionniste à l’hôtel Les Bains, explique que « les clients qui souhaitent annuler leur réservation alors qu’ils ont déjà été facturés ont la possibilité de reporter leur séjour pendant six mois ». De quoi ne pas perdre sa clientèle, tout en évitant une trop grande perte de chiffre d’affaire puisqu’elle sera uniquement reportée.  Le Grand Hotel, à travers un partenariat avec la société de chauffeur privé Kapten, permet une mobilité pour sa clientèle avec des prix qui ne sont pas majorés. 

Malgré une baisse du chiffre d’affaire, les clients de ces hôtels se montrent satisfaits ou du moins pas mécontent des services proposés grâce à ce qui est mis en place. Si les hôteliers ont pu « gérer » le début des grèves, la situation risque de se dégrader si celles-ci se prolongent. Le président de la branche Paris de l’Umih s’alarme « Il faut que ça s’arrête sinon on court à la catastrophe ». 

Laura Ouvrard

[GREVES] Les chauffeurs de Keolis refusent de rejoindre le mouvement

Tandis que la grève sur la réforme des retraites perdure depuis 11 jours, les habitants  de Villepinte et Tremblay-en France ne semblent pas s’inquiéter pour la mobilité dans leurs villes respectives.

« Tant qu’on veut circuler à Tremblay, on peut. C’est juste qu’on a des difficultés pour aller a Paris en train » déclare Eugène Djoukoury, chauffeur de bus pour Keolis. Les responsables de cette société de transports ont pu pallier aux problèmes dès les premières heures de la grève du 5 décembre. Si certains conducteurs avaient opté au départ pour s’associer au mouvement, ils ont ensuite très vite été recadré par leur employeur. La société Keolis relevant du domaine privé, ses salariés ne bénéficient pas des régimes spéciaux et se sentent moins concernés par les reformes à venir.

« Libre est celui qui veut grever ou pas, mais moi j’ai pas envie de perdre de l’argent , car j’ai assez de charges » rajoute Eugène Djoukoury. Le message semble être passé à tous les chauffeurs de Keolis car contrairement aux autres compagnies de transport, tous les bus sont opérationnels et desservent normalement toutes les lignes.

A bord du Tbus1, l’ambiance n’est cependant pas la même. Les usagers plus nombreux que d’habitude se plaignent de la saturation dans les bus, parce que tous s’y rabattent désormais au détriment des trains qui ne roulent quasiment pas.

Cependant si la régularité des bus Keolis se maintient tant bien que mal, les embouteillages dus au  nombre de véhicules personnels dans la ville de Tremblay-en-France, sont devenu un cauchemar pour ceux qui empruntent les bus.

Yasmine Almeida

[INTERVIEW] « Il y a peu de journalistes noirs dans les médias mainstream »

Jeune femme noire résidant sur Paris Adiaratou Diarrassouba est cofondatrice de « L’ Afro ». Partant d’un constat elle fonde avec son binôme un média qui informe sur l’afro-descendance en passant par des thématiques culturel, politique ou artistique. L’Afro est également à l’origine du « Fraîches Women festival » marrainée par la réalisatrice, pilier du hip-hop et directrice artistique Leïla Sy.

Co-fondatrice d’un site qui promeut la culture afro-descendante « L’afro ». D’où vous êtes venu l’idée de fonder ce site ?

Je ne sais pas si c’est vraiment la promotion qu’on fait c’est plus de l’information, l’idée est venu du fait avec mon binôme Dolores Bakela également journaliste afro-descendante comme moi on a commencé à travailler ensemble en 2015 sur une rubrique les nuits afro parisienne pour le media « Afriscope» et on voulait chacune de notre côté faire quelque chose de beaucoup plus large mais on ne savait pas trop comment le faire. Et vu qu’on travailler bien ensemble on s’est dit pourquoi pas lancer un média qui raconte tout ce qu’il se passe chez les afro-descend en termes de politique, culturel, artistique. On avait aussi envie de mettre en place des espaces de discutions pas que sur internet mais aussi des espaces physiques pour que les gens puissent se rencontrer peu importe la génération parce que tout le monde n’est pas sur internet. On voulait avoir les deux.

Pourquoi il était important pour vous de mettre en valeur la culture Afro ?

Pour nous c’était important de partager de l’information sur les population afro-descendante même sur d’autre culture ou communauté parce que on a chacune travailler dans des médias mainstream ou spécialisé et on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas beaucoup de place pour ça ou alors c’était toujours le même pers interrogé sur ses questions-là. On avait envie de montrer qu’il avait plusieurs voies, être afro-descendants ou noir il y’a pas de définition type. Et notre but était de montrer la diversité.

Il n’a pas été difficile pour vous de vous faire une place en tant que noir dans ce milieu ?

J’ai un parcours pas forcement classique j’ai été former à l’université ce que je remarque en général les rédactions ne sont pas diversifié. Il y a peu de journalistes noirs dans les médias mainstream c’est plus compliqué et je me pose la question de la représentation « comment se fait-il qu’on reproduise toujours les mêmes model partout » et ça commence déjà les école

D’où vous vient cette sensibilité pour les minorités invisibilisées ?

Au collège j’étais frappée par le manque de représentation des afro-descendants dans les médias, à la Télé c’est toujours les mêmes visages, et dans les livres d’histoire, alors que des choses ont été faites par des afro-descendants. J’étais curieuse de voir ce qu’on ne nous montrait pas sur leurs œuvres, surtout dans l’audiovisuel. Puis avec la rencontre de Dolorès qui a les mêmes motivations que moi ça a boosté l’envie de faire quelque chose.

La dernière fois on était en sortie à l’AFP, on a remarqué qu’il avait peu de noirs dans leurs locaux. Vous avez un avis sur le fait que les jeunes n’osent pas postuler dans des grandes écoles ou candidater dans des grandes entreprises ?

Je pense qu’il y a plusieurs choses premièrement tout le monde n’est pas au courant qu’on peut faire une formation de journaliste sans débourser 6 000euros par an ceux qui sont au courant gagnent de l’avance sur les autres ensuite même quand y a des journaliste noir, arabe ou asiat qui sortent de ses écoles là question c’est ou il se trouvent après. Moi parfois j’entends « qu’on n’en connait pas »
Ce métier  est très fermer la majorité des gens viennent de certains milieu donc il ne savent pas ce qu’il se passe

Comment votre média afro comptent bousculer le paysage médiatique français ?

Pour l’instant on ne chamboule pas grand-chose car on est deux on n’a pas beaucoup de moyen, on propose juste autre chose tout en gardant notre expertise de journaliste. Parce que souvent les gens quand ils voient « blog » ils se disent qu’on est des blogeuses alors que c’est deux métiers différents. On utilise un support blog parce que quand on a commencé c’était la chose la plus simple à utiliser et à gérer.

Quels sont vos évolutions sur le long terme ?

Dès le début on a fait des évènements sur Paris de façon régulière, des débats, des concerts. Depuis 2 ans on a un festival qui s’appelle « Fraiches Women Festival » ce festival c’est quelque chose qu’on aimerait développer et voir grandir. Faire quelque de chose de plus grand pour pouvoir faire venir des gens d’un peu partout, des outres mer, d’Afrique, d’Europe, pour pouvoir avoir des discutions un peu plus globale

Quels sont vos moyens pour développer ce festival ?

On en plein dedans, on essaye de voir si on peut trouver des sponsors ce n’est pas facile. Mais le principale but qu’on essaye d’atteindre pour l’instant. Parce que à côté on travaille en temps que journaliste et ça nous ne permet pas de tout financer

Quels ont été les retombées positive et négative de « Fraiches Women Festival » ?

On a eu des retours plutôt positifs du public et des intervenantes. Surtout pour le premier festival, les intervenantes ont pris des risques car elles ne savaient pas si les gens allaient se déplacer ou comment ça allait se passer. Globalement on a eu de bon retour, ce qu’on nous a demander c’était plus sur des aspects techniques comme par exemple que certaines salles soient mieux sonorisées.

Qu’est-ce que vous prévoyez pour les prochaines éditions ?

On est en pleine réflexion sur le prochain festival, on veut le développer. On a fait les festivals à Paris pour des raisons pratiques mais on a toujours voulu aller en province, DOM-TOM et surtout l’Afrique.

Marrainée par Leila Sy (une réalisatrice et activiste française) comment cette collaboration s’est -elle faite ?

Avec mon binôme quand on a commencé à faire le site on a interviewer beaucoup de femmes, Dolores a interviewé Leila Sy. Elle a accepté nous rencontrer et participer à notre premier événement public c’était un débat sur Paris sur la question de l’identité afro-français est ce que ça existe ?  Elle est venue face au public répondre aux questions. Et par la suite Leila Sy nous a dit qu’elle aimait beaucoup ce qu’on faisait qu’elle nous suivait de près. Et quand on a eu l’idée du festival on réfléchissait à qui on pouvait avoir comme visage / représente de ce festival et on a direct pensé à Leila Sy. C’est la première qui nous a fait confiance en sachant que c’est quelqu’un de très discret, elle n’aime pas trop se montrer. Elle fait les choses avec le cœur et a accepté directement d’être le visage pour nos deux éditions. C’était parfait car elle est vraiment dans l’état d’esprit du festival

Kimberly Pierre

[PORTRAIT] Quand Alexis rencontre Barboza

Champion du monde et de France de boxe française Alexis Nicolas devient petit à petit un personnage important dans son quartier. Du haut de ses 21 ans le boxeur à un objectif précis : devenir le meilleur boxeur de sa génération

Haïtien du côté de son père et algérien du côté de sa mère, c’est par sa maman qu’il a été élevé. Elle est devenue pour lui sa source de motivation « Je veux réussir pour ma mère et lui montrer que tout ce qu’on a traversé ce n’est pas pour rien ».  À 14 ans il débute dans la boxe il ne pensait pas que ça lui plairait « A la base je voulais être gardien de foot, mais ça ne me plaisait pas ».

C’est à l’obtention de son bac ES qu’il décide de pleinement se consacrer à la boxe et s’en alla vivre à Toulouse pendant deux ans. Une opportunité pour lui de pouvoir se concentrer dans la boxe française mais aussi un challenge car il devait quitter sa famille et ses amis sur Paris. Très rapidement il progresse et devient le meilleur de sa catégorie ce qui lui permet d’accéder au titre de champion du monde junior en 2019 à l’issue de sa formation à Toulouse.

Surnommé « Barboza » quand on lui demande pourquoi ce surnom il répond que c’est un pur hasard. Il cherchait un nom pour son nouvel Instagram « Alexis Nicolas c’était trop banal, y’en avait trop ». Au fil des années « Barboza » le surnom emprunté au boxeur de MMA lui colle à la peau. Il explique que c’est une manière pour lui de ne pas montrer réellement qui est vraiment Alexis Nicolas « Barboza c’est quelqu’un de fort, un symbole de réussite je m’y cache derrière et ça dynamise en quelque sorte ma carrière ».
En effet lors de ses combats rares sont les personnes qui le soutiennent en criant « ALEXIS » c’est souvent son pseudonyme qui ressort dans la foule. Ce surnom qui prend souvent le dessus sur son image Alexis aimerait quelquefois s’en séparer pour pouvoir être lui-même.

Pure produit du 20ème arrondissement de Paris

Six fois champion de France, deux fois champion du Monde, 1 fois Champion d’Europe Alexis Nicolas à grandis dans le 20ème arrondissement plus précisément à La Banane un quartier se situant à l’est de paris entre Père-Lachaise et Ménilmontant.

Il est devenu un personnage reconnu non seulement dans le 20eme arrondissement mais aussi à l’échelle nationale grâce aux différents titres qu’il a pu remporter à la suite des ses combats. De plus sur les réseaux il devient un exemple et une source de motivation à travers ses challenges comme le « BarboRegime » un concept assez simple qui vise à montrer tout ce qu’il mange durant ses régimes et notamment à l’approche de ses combats.

Inspiré par Mohammed Ali et Mike Tyson, Alexis n’est pas seulement un exemple pour ses amis ou ses followers, à La Banane dans son quartier on le sollicite pour parler aux jeunes pour les aider à se motiver et croire en leur rêve ou tout simplement donner des cours de boxe. 

 «Je ne me vois pas faire autre chose »

La réussite d’Alexis ne se fait pas sans effort en effet il s’entraîne 2 à 3 fois par jour et suit un régime particulier. De retour sur Paris le boxeur a voulu rattraper le temps perdu auprès de ses proches en appliquant une mauvaise hygiène de vie. Ainsi le manque de sommeil, intensité de ses entraînements, C’est ce qui lui ont causé sa rupture des ligaments croisé « Quand je me suis blessé j’ai été dégoûté mais je ne me vois pas faire autre chose ». En effet à son retour de sa formation sur Toulouse le boxeur français n’a pas écouté son corps et c’est blessé à deux semaines d’une rencontre internationale en Corée du Sud.

Cette blessure a pu lui faire prendre conscience de plusieurs choses, non seulement qu’il était fait pour la boxe et qu’il se voyait évoluer dans ce milieu. C’est pour cela que pendant sa réeduction il optimise son temps en donnant des cours de boxe à des jeunes dans un premier temps en plus de sa profession d’éducateur sportif. Le plus important pour Barboza était de ne pas rester inactif et de rentabiliser son temps de repos pour revenir plus fort.

 Passionné par la boxe il souhaite notamment se diversifier dans d’autres disciplines telles que le kickboxing et la boxe anglaise car il souligne que la boxe française n’est pas assez médiatisée et ne lui permet pas de vivre pleinement son sport d’un point de vu financier

Kimberly Pierre

[GREVES] Des courses de Noel au ralenti

Noel approche et les clients se font rares, les grandes rues commerciales parisiennes sont lourdement impactées par la grève contre la réforme des retraites.

Forum Châtelet les Halles

Périodes de fête le mois de décembre est jugé comme étant le meilleur mois pour les commerçants, c’est souvent à ce moment-là qu’ils réussissent à  faire exploser ou remonter leur chiffre d’affaires. Cette année ce n’est pas le cas, à moins de 10 jours de Noël de nombreux commerces rue Rambuteau ont fermé leurs portes suite aux mouvements sociaux. Les guirlandes et décorations de noël décorent les rues du 3ème arrondissement mais il y a peu de monde pour les contempler. « A cette période-là de l’année, normalement à la pause du midi je vois une dizaine de personnes dans mon magasin » raconte Lauriane vendeuse dans une boutique de prêt-à-porter. Sans vraiment pouvoir présenter des statistiques précises, elle avance que l’entreprise perd environ 40% de son chiffre d’affaires ce qui est énorme pour la petite commerçante qu’elle est.

« On a la flemme de sortir »

Samantha qui habite dans le 12ème arrondissement de Paris reconnait que depuis le début du mouvement social, elle effectue ses achats de Noël sur internet : « c’est dommage parce que j’aime bien sortir et acheter mes cadeaux de Noël sur Châtelet, mais là avec la grève on à la flemme de sortir et se taper toutes galères des transports. »


Plusieurs boutiques se voient contraintes de fermer leurs portes plus tôt car « il est préférable de fermer plus tôt pour avoir une chance de rentrer à la maison » le soir, relate Michel qui tient une bijouterie. La chute de l’activité commerciale se fait ressentir à tous les niveaux. Malgré tout, certains y trouvent leur bénéfice puisqu’ils peuvent faire les magasins alors qu’il y a personne  d’autre n’ont pas du tout de clients et s’en plaignent.

Kimberly Pierre

[PORTRAIT] Sara Devignon à découvert

Sara Devignon, une jeune Cannoise de 23 ans,installée à Paris depuis huit ans, à l’accent prononcé et à la voix grave, mène une vie peu commune : entre son poste de manager et modèle photo nue, elle brise tous les codes. 

SARA DEVIGNON, Shooting photo à Sainte-Geneviève des Bois, Essonne, Été 2019

Fin de briefing, bientôt le début du service. En pleine période de grève, Sara bénéficie d’une chambre à l’hôtel, chambre 205. Son équipe est en place. Elle y dépose ses affaires et s’accorde une petite demi-heure avant le coup de feu. Manager du restaurant Roxo de l’hôtel Les Bains, du haut de ses 23 ans, elle fait face à de grandes responsabilités.

Sara est une jeune Cannoise d’origine. Durant sa jeunesse dans sa ville natale, c’est une jeune fille réservée, sportive et qui se considère assez masculine. Un jour sa mère lui annonce, à ses 16 ans qu’elles vont déménager à Paris. Ce n’est pas quelque chose qu’elle voit comme négatif, au contraire c’est pour elle une chance de pouvoir découvrir la capitale et tout ce qui en découle. « Paris m’a complètement changé, Cannes était pour moi très superficiel et matérialiste, les gens se critiquent et se jugent sur l’apparence très facilement », explique-t-elle. Elle arrive dans son nouveau lycée dans lequel elle s’intègre bien et découvre les nuits parisiennes. Elle se rend vite compte que la diversité de Paris lui permettra de s’épanouir à travers les différentes ambiances que la capitale propose : « Je me suis rendue compte que c’était très diversifié, bien plus que dans le sud et en fonction de ce que tu veux, tu peux choisir ton environnement et avoir les contacts que tu veux ». 

            Quand Sara était dans le sud, le mannequinat commençait déjà à lui traverser l’esprit :« Ma grand-mère m’en parlait car j’étais déjà très grande et très maigre et elle me disait : ma petite fille quand tu auras enlevé ton appareil dentaire, tu pourras faire des photos », dit-elle en riantParis a été son déclic. Elle obtient son bac scientifique mais les études supérieures ne semblent pas faites pour elle et se met donc rapidement à travailler en tant que serveuse, tout en s’intéressant plus sérieusement au mannequinat. Pour commencer dans ce milieu, elle va commencer par créer son book, avec des photos plus commerciales et dans différents styles : « Ça m’a permis d’acquérir d’abord une confiance en moi que je n’avais pas du tout au début ».Elle décide par la suite de se tourner vers les showrooms, ce qui ne lui correspond pas face à des restrictions qui lui font réaliser l’aspect négatif du mannequinat. Puis, regagnée par la confiance en elle, Sara décide de faire ce qu’il lui plait : des photos de nue. 

« Je fais ce que je veux quand je veux et si t’es pas content c’est pareil » 

            Pourquoi ?Est la question qu’on lui pose le plus souvent. « Pour moi c’est une forme d’expression de liberté forte car aujourd’hui il y a cette forte inégalité entre la liberté de l’homme et de la femme. Un homme torse nu, ça ne gêne pas. Une femme, où l’on voit ses seins ça pose problème. Moi je veux casser ça », dit-elle plus que déterminée. 

            Dans la continuité de sa détermination, elle gravit les échelons rapidement et devient manager du restaurant d’un hôtel cinq étoiles. Mais une évolution si rapide par une jeune femme de 23 ans n’est pas toujours bien perçue : « On me disait que en évoluant, je deviendrais le mouton noir, sauf moi je ne suis pas prête à devenir le mouton noir à 23 ans, et au final c’est ce qui se passe ». Son poste demande beaucoup de responsabilités, mais elle fait aussi face à des attaques faciles, qu’elle juge liées à son jeune âge et au fait que ce soit une femme : « Un collègue me dit un jour, droit dans les yeux : ‘’chez nous dans notre pays, la femme ne dit rien et elle fait le ménage’’. AH. ».Mais elle ne baisse pas les bras et mène finalement une bataille commune dans deux milieux différents. Sara voit ça comme une jalousie sur sa liberté qu’elle qualifie elle-même d’arrogante sur laquelle elle préfère jouer. « Je fais ce que je veux, quand je veux et si t’es pas content c’est pareil », dit-elle avec son timbre de voix grave. Une détermination à toute épreuve. 

            A son travail, tout le monde connait ses photos, et son attirance pour le nu mais insiste sur le fait qu’elle vend du nu artistique et non de la provoc. Ses comptes sur les réseaux sociaux sont publics et ses employeurs connaissent son attirance artistique pour le nu. Mais cela ne la freine pas puisque « j’ai la chance de travailler dans un endroit où ma personnalité et mon image sont un point fort ». L’hôtel des Bains a cette réputation pour les soirées mondaines, une clientèle très design provenant du milieu de la mode qui colle finalement très bien avec la personnalité de Sara. « Mon employeur sait ce que je fais et leur jugement personnel, je n’en tiens pas rigueur, mais ça ne me porte pas préjudice pour l’instant et c’est tout ce qui compte ». Néanmoins, si demain elle est amenée à changer d’établissement ça pourrait être un problème, car comme elle le dit elle-même, « je ne rentre pas dans les codes ».

Laura Ouvrard 

[GRÈVES] Les musées aux visiteurs absents

En ce mois de décembre, les centres culturels ne font pas recette. La grève se prolonge et les institutions font face à un désert de touristes. Le château de Versailles, le musée d’Orsay, l’Opéra Garnier, ou encore la fondation Louis Vuitton ont réduit leurs horaires d’ouverture et annulé des spectacles en raison de la défection de personnels ou des difficultés de transports.  

Dans les salles et sous les chapiteaux, les effets de la grève ne se sont pas fait attendre. « Personne n’imagine les conséquences dramatiques que tout ce mouvement social va avoir sur l’économie de la culture », déplore Thierry Suc, le patron de la société de production TS3. Lui a pris le risque de programmer pendant un mois le spectacle War Horse à la Seine Musicale. Un endroit désormais inaccessible en métro, puisque la ligne 9 qui la dessert demeure irrémédiablement fermée depuis le 5 décembre.

En se rendant au Louvres, le constat est édifiant. L’heure et demie d’attente d’habitude nécessaire se transforme en cinq petites minutes, en raison de la faible affluence. A l’intérieur les affiches annoncent que toutes les salles ne peuvent être visitées en raison d’un manque de personnel. Soit un des effets de la grève sur le secteur du tourisme, dans un Paris au ralenti depuis le jeudi 5 décembre. Emilie qui s’occupe de l’accueil de la première salle confie « Mes journées sont très longues, il y a vraiment peu de monde. La Joconde a rarement été accessible aussi facilement. Et pour un mois de décembre c’est très inquiétant ». 

Baissée du rideau 

Les habitudes culturelles des parisiens sont également chamboulées avec une baisse sensible de la fréquentation de certaines salles de spectacles. L’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) juge la chute «brutale » avec des réservations en repli moyen de 40%. Les fermetures partielles, les horaires aménagés et les difficultés d’accèsdécouragent également certains visiteurs de se rendre dans les musées parisiens dont la fréquentation est en berne depuis le 5 décembre.

Sur la soixantaine de salles adhérentes au Syndicat National du Théâtre Privé, 60 % environ n’ont pas ouvert le jeudi 5 décembre et en moyenne 30% pour les jours qui ont suivis. « Ce qui est terrible, c’est que nous avions remonté la pente des attentats de 2015. La fin d’année 2018 avait été impacté par les ‘gilets jaunes’ et maintenant, nous avons les grèves de décembre qui, normalement, est un bon mois d’activité. Il faut que nos théâtres aient les reins solides ! » déplore Isabelle Gentilhomme, déléguée générale du syndicat. Si le fonds de soutien mis en place par la profession peut être mis à contribution, pas sûr qu’il suffise si les difficultés perdurent. « Novembre-décembre, c’est une période où les gens ont l’habitude de sortir beaucoup. Notre grande crainte c’est que les grèves s’installent dans la durée comme en 1995, et que les perturbations perdurent durant des semaines« , explique le co-directeur du théâtre Le République. 

Une communication culturelle difficile 

Les stations de métros et les gares sont très sollicitées comme un lieu de promotion. Toutefois, de nombreuses gares étant fermées durant cette période de grève, les promotions, entre autre culturelle, ne se font pas voir. Lorsque Panayotis Pascot, jeune humoriste français, a dû choisir où publier les affiches de son spectacle dans Paris, il a préféré les stations de métro aux arrêts de bus. Mais ce dernier n’a pas pu anticiper la grève de la RATP et de la SNCF qui a débuté le 5 décembre. Résultat, seulement trois de ses affiches sont visibles dans le métro depuis maintenant plus de dix jours. Il déclare avec humour sur Twitter : “Ce qui est marrant c’est que ma prod m’avait dit : ‘tu es sûr tu veux pas plutôt faire des affiches sur les bus ?’ Moi j’avais dit : ’En décembre les gens ils ont froid, ils prennent le métro, vaut mieux faire des affiches métros… Malin. Il est futé le petit Pana. Il a du nez”.

Laura Ouvrard

Un bracelet électronique anti violences conjugales

En France, chaque année, environ 220.000 femmes adultes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Une mesure encore “floue”, mais qui s’annonce prometteuse qui fonctionnerait potentiellement comme un « bracelet électronique » à l’horizon. Anne Laure Le Galloudec, substitut du procureur à Béthune, référente “violences faites au femmes” et “téléphone grave danger” a pris part au Grenelle des violences conjugales, le 25 novembre 2019. Elle nous apporte quelques éléments de réponses.

Agence : En quoi consiste cette mesure ?

Anne Laure Le Galloudec : Tant que les décrets ne sont pas validés ou discutés en ministère ce n’est pas une loi applicable avant de nombreux mois en plus les équipements n’est pas du tout prêt pour l’instant c’est vraiment le législateur qui décide et puis ensuite le pouvoir politique mettons ça en place lorsqu’ils en auront les moyens budgétaires et matériels. Je pense que ça fonctionnera comme un bracelet électronique, pour exécuter sa peine à son domicile quand on a une peine de prison à faire, donc je suppose qu’il y aura un bracelet électronique qui sera mis à la disposition de la personne qui est mise en cause et qu’il y aura un boitier chez la victime qui permettra de détecter dans un périmètre déterminé et faire sonner le boitier qui permettra à la victime de contacter les forces de police. Dans le cadre des Grenelles ça a été évoqué à mon sens ça n’a pas été encore voté, en tout cas je n’ai pas reçu de notification de mon ministère me disant que ça avait été votée par le législateur, mais ca le sera vraisemblablement. Ce qui n’est pas une mauvaise chose. Ça existe dans d’autres pays a priori en Espagne. Si le législateur en décide ainsi j’appliquerais la loi puisque c’est mon métier. En revanche la loi est votée mais elle met parfois des mois voir des années à être appliquées.

Les deux partis devront-elles être d’accord pour que cette mesure soit mise en place ?

AL : La seule partie qui devra être d’accord sera vraisemblablement la plaignante, en revanche, si c’est une peine ou si c’est ordonner dans le cadre d’un contrôle judiciaire  la personne n’aura pas son avis à dire. 

Quel sera votre rôle ?

AL : On verra, Je ne sais pas si ce dispositif anti-rapprochement sera appliqué par le procureur de la république, comme c’est le cas aujourd’hui pour les téléphones grave danger qui nous permettent d’assurer une protection pour les victimes. Ils sont donnés par le procureur de la république, donc c’est moi qui apprécie si oui ou non une personne a besoin de ce téléphone. Ce sera peut-être une décision du procureur ou du tribunal correctionnel. Une fois que la loi sera voté et précisé qu’on saura quel magistrat s’en occupera.

Comment choisir les bénéficiaires ?

AL : C’est la même chose que pour les téléphones grave danger, sur la base des critères de danger, là où on estime est plus important. Sur mon ressort j’ai 8 téléphones graves danger et bien évidemment j’ai plus que 8 victimes de violences conjugales. En revanche il y a déjà des victimes qui sont protégées de ces faits parce que le conjoint est incarcéré, d’autres qui, une fois que les auteurs des faits sont sanctionnés il ne vient plus les importuner. Donc là on va choisir des gens dans des situations qui reviennent à nous par le biais des services sociaux ou par le biais du service pénitentiaire d’insertion et de probation.

Pouvez-vous donner un cas concret ?

AL : Cas typique, le service pénitentiaire va prendre contact avec le parquet puisque un type est incarcéré pour des violences conjugales et continues a menacé sa femme en prison. Donc là, on va contacter le parquet et à ce moment-là on va donner un téléphone portable grave danger à la victime en prévision de la sortie du condamné pour être sûr qu’il ne va pas venir l’emmerder. Généralement ce sont des situations particulières ou le harcèlement est vraiment très pesant et parce qu’on a une crainte pour la victime.

Quelles sont les finalités de ces mesures ?

AL : Ça doit être la même que celle du TGD. Dans les cas les plus graves, assuré une sauvegarde de la vie humaine, assure une intégrité physique des victimes. Lorsque je donne un TGD, c’est que j’ai une crainte que la victime soit agressée de manière très violente et assuré leur sérénité lorsqu’elle se trouve à leur domicile pour qu’elle puisse y être sans crainte d’avoir l’auteur qui se pointe et aussi ça permettra d’entraîner l’intervention plus rapide des services de police. Parce que comme ce ne sont que quelques situations, elles sont traitées prioritairement par la police en cas d’appel de la victime.

Le dispositif pourra-t-il se généraliser ? 

AL : Oui, c’est possible. Si on fait le parallèle entre ses deux dispositifs parce que je pense qu’on peut le faire, le nombre de téléphones à augmenter d’année en année. Le ministère s’est rendu compte que c’était un outil efficace et le parquet était demandeur. Le contingent  de téléphone a augmenté et aujourd’hui c’est vrai que quand on demande l’attribution de nouveau téléphone, ce que j’ai fait il n’y a pas très longtemps, on les obtient très rapidement parce que ça à démontrer son efficacité.

D’autres mesures sont-elles prévues ?

AL : Non, pour le moment hormis le téléphone grave danger qui existe depuis 5/6 ans qui est généralisé sur le territoire, il existe aussi l’éloignement dans le cadre d’un contrôle judiciaire et le dispositif “anti-intrusion” sera quelque chose qui va s’ajouter à des choses qui existent déjà. Ce sera surtout quelque chose d’un peu phares dans la nouvelle loi si jamais elle est adopté.

Mariame Soumare

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer