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[PORTRAIT] Sara Devignon à découvert

Sara Devignon, une jeune Cannoise de 23 ans,installée à Paris depuis huit ans, à l’accent prononcé et à la voix grave, mène une vie peu commune : entre son poste de manager et modèle photo nue, elle brise tous les codes. 

SARA DEVIGNON, Shooting photo à Sainte-Geneviève des Bois, Essonne, Été 2019

Fin de briefing, bientôt le début du service. En pleine période de grève, Sara bénéficie d’une chambre à l’hôtel, chambre 205. Son équipe est en place. Elle y dépose ses affaires et s’accorde une petite demi-heure avant le coup de feu. Manager du restaurant Roxo de l’hôtel Les Bains, du haut de ses 23 ans, elle fait face à de grandes responsabilités.

Sara est une jeune Cannoise d’origine. Durant sa jeunesse dans sa ville natale, c’est une jeune fille réservée, sportive et qui se considère assez masculine. Un jour sa mère lui annonce, à ses 16 ans qu’elles vont déménager à Paris. Ce n’est pas quelque chose qu’elle voit comme négatif, au contraire c’est pour elle une chance de pouvoir découvrir la capitale et tout ce qui en découle. « Paris m’a complètement changé, Cannes était pour moi très superficiel et matérialiste, les gens se critiquent et se jugent sur l’apparence très facilement », explique-t-elle. Elle arrive dans son nouveau lycée dans lequel elle s’intègre bien et découvre les nuits parisiennes. Elle se rend vite compte que la diversité de Paris lui permettra de s’épanouir à travers les différentes ambiances que la capitale propose : « Je me suis rendue compte que c’était très diversifié, bien plus que dans le sud et en fonction de ce que tu veux, tu peux choisir ton environnement et avoir les contacts que tu veux ». 

            Quand Sara était dans le sud, le mannequinat commençait déjà à lui traverser l’esprit :« Ma grand-mère m’en parlait car j’étais déjà très grande et très maigre et elle me disait : ma petite fille quand tu auras enlevé ton appareil dentaire, tu pourras faire des photos », dit-elle en riantParis a été son déclic. Elle obtient son bac scientifique mais les études supérieures ne semblent pas faites pour elle et se met donc rapidement à travailler en tant que serveuse, tout en s’intéressant plus sérieusement au mannequinat. Pour commencer dans ce milieu, elle va commencer par créer son book, avec des photos plus commerciales et dans différents styles : « Ça m’a permis d’acquérir d’abord une confiance en moi que je n’avais pas du tout au début ».Elle décide par la suite de se tourner vers les showrooms, ce qui ne lui correspond pas face à des restrictions qui lui font réaliser l’aspect négatif du mannequinat. Puis, regagnée par la confiance en elle, Sara décide de faire ce qu’il lui plait : des photos de nue. 

« Je fais ce que je veux quand je veux et si t’es pas content c’est pareil » 

            Pourquoi ?Est la question qu’on lui pose le plus souvent. « Pour moi c’est une forme d’expression de liberté forte car aujourd’hui il y a cette forte inégalité entre la liberté de l’homme et de la femme. Un homme torse nu, ça ne gêne pas. Une femme, où l’on voit ses seins ça pose problème. Moi je veux casser ça », dit-elle plus que déterminée. 

            Dans la continuité de sa détermination, elle gravit les échelons rapidement et devient manager du restaurant d’un hôtel cinq étoiles. Mais une évolution si rapide par une jeune femme de 23 ans n’est pas toujours bien perçue : « On me disait que en évoluant, je deviendrais le mouton noir, sauf moi je ne suis pas prête à devenir le mouton noir à 23 ans, et au final c’est ce qui se passe ». Son poste demande beaucoup de responsabilités, mais elle fait aussi face à des attaques faciles, qu’elle juge liées à son jeune âge et au fait que ce soit une femme : « Un collègue me dit un jour, droit dans les yeux : ‘’chez nous dans notre pays, la femme ne dit rien et elle fait le ménage’’. AH. ».Mais elle ne baisse pas les bras et mène finalement une bataille commune dans deux milieux différents. Sara voit ça comme une jalousie sur sa liberté qu’elle qualifie elle-même d’arrogante sur laquelle elle préfère jouer. « Je fais ce que je veux, quand je veux et si t’es pas content c’est pareil », dit-elle avec son timbre de voix grave. Une détermination à toute épreuve. 

            A son travail, tout le monde connait ses photos, et son attirance pour le nu mais insiste sur le fait qu’elle vend du nu artistique et non de la provoc. Ses comptes sur les réseaux sociaux sont publics et ses employeurs connaissent son attirance artistique pour le nu. Mais cela ne la freine pas puisque « j’ai la chance de travailler dans un endroit où ma personnalité et mon image sont un point fort ». L’hôtel des Bains a cette réputation pour les soirées mondaines, une clientèle très design provenant du milieu de la mode qui colle finalement très bien avec la personnalité de Sara. « Mon employeur sait ce que je fais et leur jugement personnel, je n’en tiens pas rigueur, mais ça ne me porte pas préjudice pour l’instant et c’est tout ce qui compte ». Néanmoins, si demain elle est amenée à changer d’établissement ça pourrait être un problème, car comme elle le dit elle-même, « je ne rentre pas dans les codes ».

Laura Ouvrard 

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