Trois semaines après l’annulation de l’opération de “mise à l’abri”, qui consistait à reloger des sans-abris installés sur un campement sauvage à la Porte d’Aubervilliers, 2000 migrants continuent à vivre dans des conditions indécentes. Et pourtant, nombreuses sont les personnes à arriver sur ces terres, en quête d’un avenir meilleur.

Les immondices jonchent le long de la sortie du périphérique Porte d’Aubervilliers. Un tas de bouteilles vides et des restes de denrées alimentaires s’entassent le long du sol. Des vêtements délabrés et mouillés, des sacs plastiques ou encore des boîtes à sandwich pullulent sur les routes. Au loin, deux trois personnes aux mains encrassés et aux rides de fatigues prononcées réclament quelques pièces. Derrière eux, des tentes sont installés dans un long terrain où gît quelques morceaux de gazon. Un lieu de désespoir, dans lequel l’insalubrité est conséquente. Les déchets accumulés depuis plusieurs jours laissent une odeur incommodante. C’est l’état actuel de Porte d’Aubervilliers.
A la recherche d’une vie digne
Sur la place, à proximité d’une camionnette entourée de déchets, un groupe de 4 individus discutent. Parmis eux, Adel*, le seul capable de soutenir une conversation en français. Un migrant d’origine tunisienne arrivé depuis une semaine dans le campement.
Teint pâle, et dents jaunies, il n’a ni papier, ni argent, ni proche à proximité. Cet homme d’une trentaine d’années à la carrure baraqué, raconte son périple et les raisons de sa présence ici. Malgré un dialecte correct, il bafouille par parcimonie. « Je dors dans la rue, sur un sac de couchage, c’est très très difficile. Même les animaux sont mieux traités.” énonce t-il d’un ton glacial. Interrompu par le bruit assourdissant des sirènes du SAMU environnantes, il ajoute “je veux me rendre en Angleterre rejoindre mon grand frère et travailler”. Son souhait premier était pourtant de rester dans l’Hexagone. Il déclare que sa situation misérable actuelle a eu raison de lui. Celui qui certifie avoir payé la traversée Maroc-Paris pour plus de mille euros, n’a nullement l’intention de rester dans cette situation et le clame avec insistance.
A cette heure, les migrants continuent de s’installer dans le campement de Porte d’Aubervilliers. Avec une pensée en tête, connaître un futur plus prospère.

Mariame Soumare